La question indienne en Amérique Latine
I) Peuples indigènes : des inégalités économiques
Depuis l’arrivé des colons en Amérique Latine, les ressources naturelles des peuples indigènes étaient déjà exploitées.
Aujourd’hui l’enjeu est de savoir si la mondialisation est une solution aux nombreux problèmes économiques rencontrés ou si au contraire elle n’a fait que les aggraver.
Nous remarquons qu’avec la mondialisation, les firmes multinationales s’installent sur les terres indigènes et exploitent leurs ressources (en Equateur, l’état ne touche qu’entre 2 et 20 % des bénéfices sur le pétrole).
De plus les agriculteurs indigènes qui vendent leurs terres deviennent dépendants des firmes et peuvent à tout moment se retrouver au chômage si l’entreprise n’a plus besoin d’eux.
Ainsi, ayant un revenu insuffisant, on voit apparaître des problèmes sociaux.
Ainsi, au niveau de l’éducation, en Bolivie, 70% des enfants de moins de 9 ans ne sont pas scolarisés. De ce fait ils ne sont pas qualifiés et ne peuvent pas espérer avoir une meilleure vie que leurs parents.
S’ajoute à cela, par manque de moyens, une difficulté pour se soigner : pas d’infrastructures, pas de médecins etc. ...
Ainsi, la mondialisation n’a fait qu’aggraver les problèmes des indigènes. Exploités économiquement, ils ne peuvent se développer correctement et ceci entraîne donc des problèmes d’ordre sociaux.
II) Le contraste socioculturel : Entre résistance et disparition.
En 5 siècles, plus de la moitié des indigènes ont disparu. De multiples raisons peuvent expliquer ce reculement de population comme l’esclavagisme, les luttes en faveur des terres, mais aussi la mondialisation. Ils forment aujourd’hui 5 à 30% de la population latino-américaine.
On peut différencier les indigènes en trois groupes :
- Les indigènes libres vivant en totale autarcie de la société, leur permettant ainsi de protéger leurs cultures des effets néfastes de la mondialisation, même s’ils en sortent quand même considérablement affaiblis, ce qui peut mener les peuples à disparaître.
- Les indigènes exploités étant des travailleurs agricoles ou miniers, pour de grands propriétaires, entretenus dans des conditions misérables.
- Les indigènes « modernes » étant les prolétaires, les domestiques et les quelques rares qui arrivent à s’en sortir grâce à une bonne éducation, sont eux aussi confrontés aux limites d’ordre géographiques, mystiques et sociales habituelles.
Ainsi, certaines sociétés mettent en place des organisations pour sauvegarder ce peuple et ses cultures car l’acculturation a eu lieu dans les deux sens. Effectivement, mêmes exploités, les indigènes ont laissé leurs marques, comme dans la langue espagnole ou la cuisine donc font partie entièrement des sociétés.
III) Avancées politiques des mouvements indigènes
Les populations indigènes ont souvent connu des rapports de domination, d’exploitation, et de discrimination. C’est la cause de l’émergence des mouvements politiques indigènes sur la scène internationale.
On retrouve à la tête des pays latinos des représentants des descendants de peuples indigènes, comme Alejandro Toledo Manrique, ex-président du Pérou, ou encore Evo Morales pour la Bolivie. Ils ont donc une connaissance approfondie de la situation de leur peuple.
On peut alors organiser les différentes actions
En équateur, il y a la CONAIE confédération des nationalités Indigènes de l'Équateur, organisation créée en 1986, dans le but de regrouper les communautés et d’associations locales ou régionales de peuples indigènes, pour agir sur la scène politique nationale équatorienne.
L’armée Zapatiste est un groupement révolutionnaire basée au Chiapas, au Mexique. L'EZLN affirme représenter les droits des populations indigènes du Chiapas, descendants des MAYAS
Le mouvement réclame une plus grande autonomie des populations indigènes et clame ainsi que la plupart des indigènes veulent laisser derrière eux les siècles de pauvreté et d'abus, et veulent être intégrés de plein droit dans la communauté internationale.
Grâce à l’avancée technologique et à celle de la communication, l’information circule rapidement et le reste du monde est sensibilisé à ses conflits et peut apporter par le biais d’Internet ou d’Organisation Non Gouvernementale, du soutien efficace à ces mouvements.
L’attribution, en 1992, du prix Nobel de la Paix à Rigoberta MENCHU, indienne MAYA-QUICHE du Guatemala, a permis une reconnaissance internationale de la condition indigène.
Les mouvements indigènes ont aussi vu accroître leur influence au Brésil, au Chili, en Colombie, au Pérou et en Amérique Centrale... Ainsi de nombreux pays ont modifié leur constitution pour accorder plus de droits et de protection aux peuples indigènes.
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