Le 1er PRIX DE LA CRITIQUE

Publié le par Marion T. 2de 6

Le vieux armé de ses romans d'amour

Qui aurait pu croire qu'un vieil homme renfermé dans ses romans d'amour puisse être le seul à comprendre le coeur meurtri d'une bête féroce ?

Bienvenue à El Idilio, éden infernal. On y retrouve Antonio José Bolivar, un vieux au coeur tendre, Loachamin, l'implacable arracheur de dents, le maire, un homme vil, assoiffé par l'argent et l'alcool et les gringos tout aussi cupides et irrespectueux de la nature.

Ces personnages semblent fictifs mais sont par ailleurs appuyés sur du vécu. En effet, on apprend que tout ce qui concerne l'Amazonie lui a été transmis grâce à son amitié avec Miguel Tzenke, un Shuar... Cependant, tous les noms des villes et des personnages sortent tout droit de l'imagination de notre divin écrivain : Luis Sepulveda.

   Le vieux qui lisait des rommans d'amour accorde une énorme importance à la nature ; l'auteur impose clairement son opinion : "il faut lutter contre la destruction de la forêt amozonienne et de la nature en général" déclare-t-il lors de la promotion de son chef-d'oeuvre ; mais aussi de l'amour. de deux sortes d'amour : de l'amour qui fait souffrir, celui qu'il a éprouvé pour Dolores Encarnacio Del Santisimo Sacramento Estupiñan Otavalo, une lointaine proche de Antonio José  Bolivar ; celui bien plus important que l'acte sexuel (dont témoigne l'anecdote du baiser entre le gringo et la femme Shuar ivre), mais aussi de l'amour que porte le vieux (bien qu'illettré) à ses romans d'amour. Ils sont l'échappatoire du vieux à cette société qu'il exècre, comme le démontre explicitement ce passage : " Il possédait l'antidote contre le redoutable venin de la vieillesse. Il savait lire."

Sans nul doute, l'auteur manie la plume à la perfection : le lexique qu'il utilise est très compréhensible certes mais  cela n'influe en rien sur la qualité et la justesse de ses phrases : chaque mot est pensé et retravaillé. Le résultat en
est époustouflant : 120 pages d'une traque haletante qui se termine au summum de l'extase sous les pluies diluviennes. Bien écrit, bien structuré et d'une facilité de lecture déconcertante : ce livre est à la portée de tous et fait partie de ces livres que l'on ne se lasse pas de relire!
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Publié dans Amérique latine

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